Le PArti pour la LIbération de la MArtinique

GLISSEMENT DE TERRAIN DE MORNE-CALEBASSE

GLISSEMENT DE TERRAIN DE MORNE-CALEBASSE

3 juil 2013

Chacun se souvient qu’en mai et août 2011, un important glissement de terrain avait provoqué l’affaissement de la route de Moutte et conduit à l’évacuation de la Résidence « La Charmette ». Lors de la plénière du 18 juin 2013, cette question a été débattue à l’occasion du vote de subventions pour les phases 2 et 3 des opérations en cours.


C’est dans ce contexte que se situe l’intervention de Francis CAROLE dont nous publions ici une synthèse.

INTERVENTION

« Chers collègues,

Lors de la plénière du 14 mars dernier, nous avons répondu favorablement à une demande de subvention de la ville de Fort-de-France, d’un montant de 2 500 000 euros, pour la phase 2 des travaux en cours à Morne-Calebasse.

Deux mois plus tard, par courrier en date du 14 mai, la ville exprime le souhait que cette somme soit directement versée à la SEMSAMAR, maître d’ouvrage délégué, en vertu d’une convention de mandat qui les lie.

LES CAISSES DE LA VILLE SONT VIDES

Si nous ne contestons pas la validité juridique de ce mode de paiement, permettez-nous néanmoins de nous interroger sur la signification politique de ce « retournement de procédure ».

On nous explique que « c’est pour aller plus vite ». Certes, mais dans ce cas il eût été plus cohérent de demander le versement direct à la SEMSAMAR dès la plénière de mars. Pourquoi donc perdre plusieurs mois quand on cherche à « aller plus vite » ?

A vrai dire, l’explication est ailleurs.

La « Ville-Capitale » qui, en janvier 2013, votait une convention de partenariat avec la SEMSAMAR, aurait-elle perdu la confiance de celle-ci ?

La ville serait-elle dans un état de délabrement financier tel qu’elle craindrait pour le devenir des subventions qui transiteraient par ses caisses ?

Il convient, à ce propos, de rappeler que les difficultés de trésorerie de Fort-de-France avaient déjà été à l’origine d’un arrêt des travaux de plusieurs jours, les entreprises intervenant sur le chantier-STS, SMD et BACHY-ayant été pénalisées par de lourds retards de paiement.

INTERROGATIONS SUR LES TRAVAUX RÉALISÉS

Nous investissons des sommes importantes pour les travaux de Morne-Calebasse : 2 500 000 euros pour la phase 2 et, dans cette même plénière, 1 024 827,98 pour la phase 3.

Point n’est besoin de préciser que nous sommes favorables à l’accompagnement financier de la ville par la Région. Nous devons néanmoins avoir un regard attentif sur ce chantier, car il s’agit à la fois de l’argent public et de la sécurité des personnes.

En effet, la difficulté essentielle qui se pose dans la réalisation de ces travaux, c’est celle de la maîtrise de l’eau.

Toute cette zone, de l’entrée de la route de Moutte jusqu’au COPES, se trouve sur un bassin versant parcouru par des nappes d’eau. Les anciens du quartier se souviennent d’ailleurs des mares situées à proximité de « La Charmette ». En1993, quelques mètres plus loin, dans le même secteur, à Terrain Populo, un important glissement se produisait déjà, entraînant la destruction de plusieurs habitations et des déplacements douloureux de personnes âgées.

Ce phénomène, s’il n’est pas correctement maîtrisé, risque, à terme, de déstabiliser toute la colline, avec les conséquences que l’on imagine.

D’ailleurs, les bureaux d’études en géotechnique qui se sont penchées sur cette question sont en désaccord sur le fait de savoir si tout danger est écarté.

Ainsi, l’un d’eux, dans un rapport en date du 18 juillet 2012, conclut en ces termes :

« A partir de l’exploitation des piézomètres et des résultats des mesures de conductibilité, il nous semble prématuré d’exclure la présence d’une nappe d’eau. »

Nous ajoutons qu’une commission ministérielle d’experts a, à partir du 30 avril 2013, pendant trois jours, procédé à une analyse technique des travaux en cours. La Région a-t-elle été destinataire du rapport de cette commission qui devait être remis dans les trente jours ? Pour notre part, nous demandons que ce rapport soit rendu public.

Nous voulons conclure en attirant l’attention sur la longue attente des riverains dont plusieurs sont concernés par une interdiction provisoire d’occuper leur habitation.

L’interdiction étant provisoire-mesure dont nous ne contestons pas la nécessité-les assurances ne peuvent pas intervenir et nos compatriotes vivent dans une situation d’angoisse que nous comprenons tous, d’autant que la fin des travaux, d’abord promise pour décembre 2012, a été renvoyée à décembre 2013…si tout se passe bien…

Entre-temps, les maisons, inhabitées, sont vandalisées puisqu’elles ne bénéficient plus du système de surveillance qui avait été mis en place dans un premier temps. Elles se dégradent aussi au fil du temps et, en cas d’autorisation à les occuper à nouveau, des frais de réhabilitation devront être envisagés sans que l’on sache si les propriétaires seront accompagnés.

Merci de votre attention. »

PS : LORS DE CETTE PLÉNIÈRE DU 18 JUIN, IL A ÉTÉ RETENU DE PASSER COMMANDE D’UNE ETUDE GÉOTECHNIQUE SUR TOUT LE BASSIN VERSANT DE LA ROUTE DE MOUTTE.

IL Y A PLUS DE 10 ANS, NOUS AVIONS DEJÀ ÉCRIT A LA MAIRIE DE FORT-DE-FRANCE POUR DEMANDER QUE CETTE ÉTUDE SOIT RÉALISÉE.

SI NOUS AVIONS ÉTÉ ALORS ÉCOUTÉS CELA NOUS AURAIT MIS À L’ABRI DE BIEN DES IMPRUDENCES, COMME D’ACCORDER SANS DISCERNEMENT CERTAINS PERMIS DE CONSTRUIRE…

F.C.

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