SOUTIEN A LA BOLIVIE ET AUX PEUPLES DE NOTRE AMÉRIQUE

by Palima | 8 juillet 2013 15 h 55 min

Le mardi 2 juillet, en plein vol, alors qu’il ne se trouvait qu’à quelques kilomètres des frontières françaises, l’avion du président bolivien, Evo MORALES, se voyait refuser le survol de l’espace aérien français et était contraint d’atterrir à Vienne.

La même interdiction lui était signifiée par l’Italie, l’Espagne ainsi que par le Portugal, pays où il devait faire une escale technique.

Evo MORALES revenait d’un important sommet sur le gaz naturel qui s’était tenu à Moscou. L’autorisation du survol de l’espace aérien français lui avait été accordée dès le 27 juin.

La décision de l’Etat français, qui aurait pu être fatale au président bolivien et à sa délégation, répondait à une instruction directe du gouvernement des États-Unis qui soupçonnait Edward SNOWDEN d’être dans l’avion présidentiel.

Edward SNOWDER est cet ancien consultant de la National Security Agency (NSA) qui a eu le courage de dénoncer aux yeux du monde entier les pratiques de surveillance des services secrets américains. Il se trouve, depuis plusieurs semaines, dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo, à Moscou, dans l’attente de recevoir l’asile politique d’un Etat assez courageux pour braver les interdictions de l’Empire.

On aura compris que la France, « le pays des droits de l’homme », par ailleurs dirigée par des socialistes, ne sera pas ce pays-là.

Le président socialiste a tenté de se justifier en donnant toutes sortes d’explications confuses : « Il y avait des informations contradictoires sur les passagers [...]. Dès que j’ai su que c’était l’avion du président bolivien, j’ai donné immédiatement l’autorisation du survol du territoire. »

En réalité, le gouvernement socialiste a gravement violé les conventions et traités internationaux protégeant les chefs d’Etats et leurs délégations (Convention de Vienne sur l’immunité diplomatique, Convention de New-York qui protège les chefs d’états sur le plan international..). En outre, il a mis en danger la vie même du président bolivien.

Il s’agit là, manifestement, d’un acte de soumission aux États-Unis et d’un geste de mépris absolu vis-à-vis des peuples d’Amérique du Sud. Si l’émir du Qatar avait transporté Ben Laden dans son avion, les socialistes français auraient montré plus d’égard à son endroit…

C’est avec fermeté et de manière unanime que les États de l’Amérique et de la Caraïbe ont condamné l’attitude du gouvernement français. L’ALBA, l’UNASUR, et même l’OEA ont fait connaître leur nette désapprobation de la décision française et leur solidarité avec la Bolivie.

La « Déclaration de Cochabamba », issue du sommet tenu le jeudi 4 juillet en Bolivie, exige « des excuses publiques correspondant à la gravité des faits survenus ».

Face à l’outrage subi, les pays de « Notre Amérique » ont répondu avec la fermeté qu’appelait l’attitude de la France, de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal. C’est la voie que doivent suivre tous les pays du Tiers-Monde pour exiger le respect qui leur est dû.

Il faut aussi se réjouir que le Venezuela, le Nicaragua et la Bolivie, défiant les menaces de l’oncle Sam, acceptent d’accueillir sur leur sol Edward SNOWDEN dont l’histoire dira un jour qu’il aura été une des vigies de nos libertés.

Francis CAROLE

MARTINIQUE

Dimanche 07 juillet 2013

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