Le PArti pour la LIbération de la MArtinique

LES DÉFIS DU CHANGEMENT A FORT-DE-FRANCE

LES DÉFIS DU CHANGEMENT  A FORT-DE-FRANCE

19 sept 2013

 

DECLARATION DE FRANCIS CAROLE

AU NOM DE L’UNION POUR LE CHANGEMENT A FORT-DE –FRANCE

Je souhaite tout d’abord remercier chaleureusement les organes de presse qui ont bien voulu répondre à notre invitation.

Je tiens aussi à remercier de leur présence les membres de notre bureau et de notre Conseil d’Administration.

Permettez-moi enfin de saluer les nombreux amis qui nous ont rejoints ainsi que les représentants des partis fondateurs de l’UNION POUR LE CHANGEMENT A FORT-DE-FRANCE.

Comme l’a rappelé Clément CHARPENTIER-TITY,  en mars 2013 nous vous avions conviés au premier grand rassemblement de l’UNION,  à MOUTTE.

Six mois après, et à six mois des  élections municipales des 23 et 30 mars 2014, nous avons jugé nécessaire de vous rencontrer à nouveau. Les six mois qui se sont écoulés, vous le savez, ont été des mois d’intenses activités de notre mouvement dans les quartiers de Fort-de-France. D’activités mais aussi de réflexions pour préparer l’avenir.

« DEVINE QUI VIENT DINER CE SOIR »

D’abord, la tragi-comédie, d’ailleurs très médiatisée, qui se joue au néo-PPM   n’aura échappé à personne. Il nous est donné en spectacle le remake politique de « Devine qui vient dîner ce soir ».

En effet,  à six  mois d’échéances importantes, la direction de ce parti ne sait à quel saint se vouer et ne cesse de repousser la date de désignation de son candidat. C’est manifestement le signe d’un profond malaise politique et d’une inquiétude certaine que des  cadres du néo-PPM ont publiquement exprimés, il y a quelques semaines.

Dans ce théâtre d’ombres, l’actuel président du conseil Régional, comme il en a l’habitude à chaque élection, utilise les mêmes stratagèmes éculés pour tenter de créer un suspens autour de sa probable candidature : « je viens; peut-être; un peu; beaucoup;  pas du tout; mais quand même »…  Notre conférence de presse de ce matin l’aidera, nous n’en doutons pas, à prendre sa décision…

Un tel comportement mériterait sans doute les honneurs d’une émission de télé réalité que l’on pourrait intituler : »Dis-moi que tu me désires ». Mais les électrices et les électeurs de la capitale éprouvent-ils encore quelque désir pour quelqu’un qui a sollicité leurs suffrages pour aussitôt démissionner ?

Pour notre part, les choses sont simples : quelque soit le candidat du néo-PPM, nous l’affronterons et nous mettrons  tout en œuvre pour, avec une forte mobilisation des électrices et des électeurs de Fort-de-France, le battre au soir du 30 mars 2014.

LES DÉFIS DU CHANGEMENT

La situation catastrophique de la capitale et la gestion hasardeuse de la « nouvelle gouvernance » à la Région   -expression, dans les deux institutions, d’une réelle incompétence-  éveillent  une puissante volonté populaire de changement dans la capitale. Jamais la possibilité d’un changement de cap de la capitale n’a été aussi grande.

L’instrumentalisation constante et caricaturale de l’image prestigieuse de Césaire ne modifiera pas cette nouvelle donne. Les Foyalais et les Martiniquais éprouvent  un profond respect à l’égard Aimé CÉSAIRE. Mais ils font la différence entre l’immense poète et les rentiers qui lui ont succédé.

La Convention des Quartiers sera l’occasion d’exposer notre  projet pour la ville -car la bataille devra être gagnée sur un projet- mais nous avons souhaité, aujourd’hui,  exposer quelques uns des défis du changement qui concernent directement les Foyalais.

1-     D’abord,  redresser les finances de la ville

Ce sont ceux qui ont succédé à CÉSAIRE qui, pour l’essentiel,  portent la responsabilité de la déroute financière actuelle, avec une dette considérable de 214,4 millions d’euros en 2011, malgré le taux record d’imposition. La ville, durant les dix dernières années a été fréquemment en déficit et l’endettement s’est aggravé. Il a augmenté de 35,8% en dix ans !

Pour 2013, année pré-électorale, pratiquant la fuite en avant, la municipalité a augmenté l’emprunt de 12 millions d’euros en 2012 à 18 millions d’euros en 2013, pour financer des dépenses démagogiques.

La pression fiscale quant à elle n’a cessé d’augmenter, écrasant les familles foyalaises. Les taux d’imposition eux aussi atteignent des niveaux record : 23,95% pour la taxe d’habitation. Les impôts locaux sont passés de 329 € par habitant en 2002 à 477 € en 2011, soit une augmentation de plus de 45%.

Cette pression fiscale a conduit à une baisse importante de la population foyalaise qui est passée de 95405 habitants en 2004 à 88623 au 1 er janvier 2013, privant la ville, de ce fait même, d’un certain nombre de ressources.

Il nous faut aussi souligner l’attitude absolument intolérable et irresponsable qui consiste à allonger démesurément les délais de paiement aux entreprises et aux fournisseurs de la ville, entraînant parfois des liquidations d’entreprises.

Bien entendu, nous devrons d’abord procéder à un audit pour avoir une photographie exacte de la situation financière de la ville en 2014. Notre ambition consiste à mettre un terme à cette gestion calamiteuse sur la base de choix au bénéfice de la population. Il faudra payer les fournisseurs en temps et en heure et parvenir, à terme, à freiner puis à réduire le poids de la pression fiscale.

Par ailleurs, dès 2015, rompant avec les pratiques actuelles, nous amorcerons la mise en œuvre d’un Budget  Participatif. Les Foyalaises et les Foyalais seront donc acteurs et auteurs des orientations que nous définirons pour nos quartiers, le centre-ville et le développement global de la ville.

2 – Mettre en place de véritables projets de quartiers

Il s’agit d’un autre défi que nous devrons relever.  Ce sont, bien entendu, des défis d’aménagement. Mais ce sont aussi et surtout les défis du vivre mieux ensemble. Nous mettrons donc en place de véritables à Projets de Quartiers élaborés avec les habitants, en prenant en compte toutes les catégories d’âge et en améliorant la présence effective de la municipalité et des élus municipaux, ainsi que la plus grande sécurité possible.

Tous les quartiers et tous les administrés devront être traités avec le même respect et la même sollicitude. Ainsi, il n’est pas acceptable qu’un quartier comme La Médaille ne soit pas desservi par les services de transports publics de F de F.

3 – Redonner vie et dynamisme au centre-ville

Le centre ville est à lui seul un plaidoyer pour le changement. C’est un centre-ville à l’agonie. Ce qui avait été présenté comme les joyaux de la couronne -la tour de la Pointe Simon et le Centre Perrinon- s’est transformé en radeau de la Méduse. Les commerces du centre ville sont décimés. Le secteur artisanal et les professions libérales sont eux aussi victimes de la gestion désastreuse du centre de notre capitale. L’exode vers d’autres horizons s’accélère. Nous devrons, à l’évidence, intervenir sur les questions du stationnement, de l’animation,  de la sécurité, de l’accompagnement des acteurs de cette partie de la ville  pour tenter de lui redonner souffle et dynamisme.

Mais, au-delà, c’est sur les questions de l’attractivité de  la capitale et du rôle que celle-ci doit jouer par rapport à l’ensemble du pays qu’il convient de développer des réflexions nouvelles et de prendre des initiatives innovantes pour en faire une ville dynamique, une ville solidaire et une ville d’avenir.

UNE NOUVELLE VISION DE FORT-DE-FRANCE S’IMPOSE. IL NE S’AGIT PAS SIMPLEMENT DE RÉPÉTER  COMME UNE LITANIE, A LONGUEUR DE DISCOURS, « VILLE CAPITALE, VILLE CAPITALE »  POUR RÉPONDRE AU DÉFI D’UNE CAPITALE ASSUMANT PLEINEMENT SON RÔLE ET SES FONCTIONS.

IL Y A LÀ UN VASTE CHANTIER DE RÉFLEXION ET D’ACTIONS AUQUEL NOUS ASSOCIERONS TOUS LES FOYALAIS ET TOUS LES MARTINIQUAIS QUI LE SOUHAITENT.

Les autres aspects de notre projet (éducation, développement, culture, personnes âgées…) seront développés largement à l’occasion de la Convention des Quartiers.

POUR UNE RECONSTRUCTION SOCIÉTALE

Nous ne saurions clore cette conférence de presse sans une réflexion  sur la « logique du pourrissement » qui semble s’installer dans notre pays et qui transcende les problématiques municipales.

En effet, les événements de ces derniers mois, tant dans notre ville qu’à l’échelle de la Martinique, sont, malheureusement, venus confirmer ce que nous ne cessons de dire depuis des décennies : le tissu social se dégrade dangereusement et alimente la montée des violences et des dérives les plus graves.

C’est un phénomène ancien et désormais profondément enraciné dans la société martiniquaise. Il ne nous vient pas de l’extérieur ! Il nous vient de nous-mêmes…en tout cas pour l’essentiel. Il se nourrit des fragilités économiques, sociales, culturelles, morales et historiques de notre pays.

Il  y a plus d’une vingtaine d’années, nous avions consacré notre campagne des législatives à cette question. Il y a plus de 20 ans !!! En 2004, au conseil général, je proposais, avec le soutien du président du conseil général, Claude lise, le dispositif : PROJET EDUCATIF ÉCOLE-FAMILLES-QUARTIERS qui constituait une partie des réponses possibles aux phénomènes que nous connaissons aujourd’hui.

Le phénomène auquel la Martinique est confronté aujourd’hui, on l’a souvent rappelé est systémique. Il touche à la situation sociale et économique, il touche à l’éducation, il touche à la gestion du territoire, il touche à nos repères, à nos représentations culturelles et symboliques.

Beaucoup d’acteurs associatifs se sont investis dans cette bataille, depuis plusieurs années. Et je veux saluer ici cette action salutaire. Je pense par exemple à l’UPEM, à des associations de quartiers, à l’action des artistes et de nombreuses autres bonnes volontés.

Mais il faut sortir des réactions par à coups, chaque fois que l’inacceptable s’invite sur les écrans de télévision. Il faut  sortir des actions isolées, contre un fléau qui, lui, est global. Il faut sortir du court terme contre un processus qui, lui, s’inscrit dans le long terme.

ENFIN, ET JE LE DIS SEREINEMENT, IL FAUT IMPÉRATIVEMENT SORTIR DE L’INSTRUMENTALISATION POLITICIENNE D’UN MAL SOCIETAL QUI MENACE L’AVENIR MÊME DE NOTRE PEUPLE.

IL NOUS FAUT SAVOIR FAIRE FRONT COMMUN CONTRE UN MAL QUI NOUS EST COMMUN.

Il faut élaborer, non pas une liste d’actions sans cohérence et déconnectée  d’un diagnostic en profondeur, mais une véritable stratégie de construction ou de reconstruction  de notre tissu sociétal.

Cette stratégie partagée doit s’inscrire dans le long terme. Sur, au moins, une quinzaine d’années.

Elle doit englober : l’action institutionnelle, les familles, l’école, le tissu associatif, le monde de l’entreprise, les médias, les églises.

TOUT LE MONDE DOIT ÊTRE IMPLIQUÉ ET CHACUN, A SON NIVEAU, DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS, AVEC L’ASSURANCE D’ÊTRE SOUTENU PAR TOUS LES AUTRES.

IL FAUT DONC UN SURSAUT MARTINIQUAIS QUI POURRAIT S’ARTICULER, A TITRE INDICATIF, AUTOUR DES AXES SUIVANTS :

  1. Se donner les moyens d’une lutte efficace contre les trafics d’armes et de drogue qui sont souvent liés. L’opération «Déposez les armes », expérimentée ailleurs,  demeure néanmoins insuffisante face à la gravité de la situation.
  1. Développer une action massive afin de sortir de l’inactivité et du désespoir un maximum de jeunes, par la formation, l’emploi ou l’accompagnement de leurs projets. Des brigades  d’éducateurs de rues avec des objectifs et des moyens devraient servir de relais à cette démarche de terrain.
  1. Renforcer l’action favorisant la réussite scolaire et l’éducation,  en améliorant les prises en charge, par un personnel dédié, des élèves, au sein des établissements scolaires et dans les quartiers. Le Projet Éducatif École-Familles-Quartiers, qui a déjà fait ses preuves, pourrait constituer un dispositif efficace dans ce domaine. Il conviendrait alors de l’instituer dans tous les établissements scolaires, du primaire au lycée.
  1. Renforcer dans les quartiers les politiques sportives, culturelles et éducationnelles en direction des jeunes.
  1. Rendre plus performantes les politiques  d’accompagnement des familles.
  1. Impliquer les médias dans l’action globale de reconstruction sociétale.
  1. Construire un modèle social,  une alternative de développement, des valeurs, des repères culturels et moraux et une manière de vivre ensemble qui redonnent à notre jeunesse et à notre société  confiance, espoir et force d’assumer le présent et le futur.

Cette ambition doit être partagée par tous les Martiniquais. Et la question doit être pour nous tous : « Comment puis-je participer à cette reconstruction collective ? »

Tels sont, mesdames et messieurs les journalistes, chers amis, les quelques points dont nous souhaitions vous entretenir à l’occasion de cette conférence de presse. D’ores et déjà, nous appelons à la Convention des Quartiers que nous organiserons en novembre dans l’objectif de présenter notre projet de ville.

Merci de votre attention.

Francis CAROLE

Conférence de presse du samedi 14 septembre 2013

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