LA DEROUTE FINANCIERE DE FORT DE FRANCE

by Palima | 20 septembre 2013 9 h 54 min

La situation financière de Fort de France n’a cessé de se dégrader depuis 2001.

Le budget de la Ville de Fort-de-France oscille entre 180 et 190 Millions d’euros (M€). Pour le fonctionnement il est dépensé environ 140/150 M€ et 40/45 M€ pour l’investissement. 

C’est par importance le 3ème budget des Collectivités en Martinique après le Département et la Région.  La ville a une dette considérable de 214,4 millions d’euros en 2011 (Chiffre 2012 non communiqué), malgré des taux d’imposition record.

 Serge Letchimy, en prenant la succession d’Aimé Césaire en 2001, avait pourtant pris l’engagement de redresser la situation. Or la Ville a été à nouveau fréquemment en déficit ces dix dernières années. Non seulement la situation ne s’est pas améliorée, mais à certains égards (endettement), elle s’est aggravée.

 

Pas d’amélioration en dix ans : Un surendettement qui s’aggrave

La Chambre régionale des comptes (CRC), organisme juridictionnel indépendant, a examiné les comptes de Fort-de-France de 2004 à 2010 et son rapport  a été rendu public en janvier 2012. Son jugement est particulièrement sévère sur l’essentiel de la période du mandat de l’actuel président de Région et de son remplaçant. Voici un résumé de ses appréciations :

 

-      « Lacunes dans la fiabilité et la transparence » des comptes qui ne donnent pas « une image de la situation financière strictement conforme à la réalité » : Cette absence de transparence en réalité vise surtout à masquer la mauvaise gestion.

 

-      Pas d’amélioration de la gestion de la ville et du redressement sur la décennie 2000 en ce qui concerne les deux  indicateurs considérés comme « fondamentaux » par la CRC , à savoir  les masse salariale et l’endettement :

·        d’une part, en 2000 les charges de personnel représentaient 55,74 % des charges totales ; en 2012, les frais de personnel sont de 68 % des charges totales. La politique d’incitation au départ à la retraite n’a pas empêché la masse salariale d’augmenter (+13,4 % en 2012 par rapport à 2002) car la municipalité a continué à embaucher plus que les départs à la retraite. La masse salariale a été de 98,7 millions d’euros en 2012 contre 86,2 millions d’euros en 2002. Par clientélisme ?

·        d’autre part, l’endettement en pourcentage des produits de fonctionnement était de 103,54 % en 2000, soit 165,9 millions d’euros de dettes  et 1740 € par habitant alors qu’en 2010 il est monté à 142,89 % de ces produits, soit 215,6 millions d’euros de dettes et 2363 euros par habitant. Pour les villes comparables en France (moyenne de la strate de 50 000 à 100 000 habitants), l’endettement par habitant est de 1 209 euros, soit près de la moitié.

En dix ans, l’endettement à Fort-de-France a augmenté de 35,8 % ! En 2011, on est à 214,4 Millions d’euros.

 

C’est en raison de sa mauvaise gestion faite de gabegie (aucune capacité d’autofinancement nette) que la municipalité est obligée de recourir exclusivement à l’emprunt pour les investissements et même pour payer la dette. L’annuité de la dette coûte 233 € (dont 90 € d’intérêts payés aux banques) à chaque foyalais en 2011.

Pour 2013, année pré-électorale, pratiquant la fuite en avant, la municipalité a augmenté l’emprunt de 12 millions d’euros en 2012 à 18 millions d’euros en 2013 (soit + 38,4 %) pour financer des dépenses démagogiques.

 

Des déficits fréquents

-      Des résultats comptables « souvent négatifs » (déficits) entre 2004 et 2010 : particulièrement en 2006, 2008 et 2009 (déficit). En 2011, il y a encore eu un déficit.de 12,1 M€. Subitement en 2012, la municipalité affiche fièrement qu’il y a un « excédent »  de 1,7 M€ et proclame que FDF « n’est pas en déficit ». Mais cela résulte d’un artifice de présentation pré-électoral.

 

Une pression fiscale écrasante

-      Malgré tout, la pression fiscale a fortement augmenté. Les taux d’imposition sont à des niveaux record (23,95 % pour la taxe d’habitation) en dépit de la légère baisse de 2008 (moins de 1 point). Par contre, les bases d’imposition ont été fortement relevées (+ 40 %) ainsi que le nombre des assujettis sur la décennie. Les impôts locaux sont donc passés de  329 € par habitant en 2002 à 477 € par habitant en 2011, soit plus 45 %.

             

Des délais de paiement aux entreprises démentiels

-      « Une trésorerie parfois tendue » qui entraîne des délais de paiement aux entreprises particulièrement longs : en 2008, par exemple, le délai global de règlement était de 105,3 jours alors que le délai légal est de 45 jours. Cela est catastrophique pour les fournisseurs de la Ville.

 

Malgré le bilan négatif, le changement est possible

La pression fiscale exorbitante est un des facteurs qui a fait baisser la population de la ville (de 95 405 habitants en 2004 à 88 623 au 1er janvier 2013), ce qui entraîne une baisse relative des ressources et engendre un endettement excessif qui oblige en retour à maintenir des taux d’imposition élevés pour payer la dette et garantir les emprunts et parfois à ralentir, voire baisser, des investissements (travaux), comme en 2010. Un véritable cercle vicieux qu’il faut briser.

Il faut changer radicalement de mode de gestion en alliant rigueur et justice sociale et  en s’attachant à des projets à taille humaine, sans licencier personne. Au lieu de dépenses de prestige et démagogiques. Il faut surtout avec courage arrêter le gaspillage et la gabegie et faire des choix populaires.

 Sans exonérer l’Etat français de ses obligations, on peut gagner des ressources sur le fonctionnement tout en améliorant les services rendus et renforcer les dépenses d’aménagement au bénéfice de la population. Il faudra payer les fournisseurs, ce qui permettra de renégocier en baisse les prix des achats tout en soutenant l’activité économique et l’emploi. .

Il est possible de dégager progressivement de nouvelles marges de manœuvre pour redonner à nos quartiers leur âme, revivifier le centre-ville.

 

Texte de l’UNION POUR LE CHANGEMENT A FORT DE FRANCE

Septembre 2013

 

Partager[1]Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone
Endnotes:
  1. Partager: https://simplesharebuttons.com

Source URL: http://www.lepalima.org/web/?p=2688