Le PArti pour la LIbération de la MArtinique

UNE CHARTE « ÉTHIQUE » BIEN ÉTIQUE !

UNE CHARTE « ÉTHIQUE » BIEN ÉTIQUE !

25 sept 2015

La tête de liste de la gouvernance bling-bling, dans une pantagruélique symphonie de mots aussi sonores que creux, a donc présenté sa charte « éthique ».

 

Pourquoi pas, après tout ? Les bonnes intentions suscitent toujours de la sympathie et quelques battements d’émotion.

Mais, comme presque toujours, le président de région ne peut pas s’empêcher de nous faire rire.

Ainsi, ce qu’il appelle sa charte « éthique » serait le nec plus ultra, une innovation sans précédent dans l’histoire de la pensée politique martiniquaise.

En réalité, et plus prosaïquement, les chartes éthiques existent depuis très longtemps, ici et ailleurs. Rien de bien nouveau sous le soleil tropical.

Les scandales répétés, au plus haut niveau des responsabilités publiques, la corruption,dans toutes les sphères de la société, les revendications citoyennes de plus de transparence ont, depuis longtemps, convaincu les partis politiques et les organisations sociales, ou autres, de donner des gages de respect de l’éthique. La saison s’y prêtant, les chartes éthiques ont donc fleuri dans les prés de la modernité.

Cependant, il ne s’agit, le plus souvent, que de vœux pieux ou d’opérations à finalités communicationnelles. En réalité, la logique du pourrissement est en œuvre, facilitée, d’ailleurs, par le fonctionnement du système dit « démocratique » actuel, par une culture des affaires publiques rétrograde, les réseaux d’intérêts divers et une certaine passivité de la société civile.

Nous sommes, malheureusement, encore très loin de l’indispensable révolution éthique !

En quoi la charte « éthique » de la gouvernance bla-bla-bla innove-t-elle ?

Elle frappe par son côté rabougri, rachitique, plat, flagada, « flèguèdè » (flègèdè). En somme une charte « éthique » bien étique ! La quintessence du service minimum !

En effet, en tout et pour tout, on trouve à l’article 5 de ce document, qui se veut pourtant « historique », cette formulation avachie qui doit en rassurer plus d’un au sein de EPMN :

« Les membres de l’alliance EPMN doivent respecter la loi et ses fondements et faire preuve d’honnêteté et d’une intégrité sans faille. »

Aucune sanction n’est prévue contre les contrevenants ! C’est au bon vouloir de chacun. On peut donc, sans risque, allègrement violer et la loi et les règles éthiques.
Chacun observe, d’ailleurs, que le président de région, en la matière, donne généreusement de sa personne.

Le refus d’appliquer la loi dans l’affaire de la démission volontaire de sa première vice-présidente, les insultes proférées régulièrement contre les élus de l’opposition, l’absence de condamnation claire des propos xénophobes de ses « soldats » contre Serge Bilé, les accusations diffamatoires sur l’incendie de la grue de Gaigneron, l’érection du mensonge comme instrument de pouvoir, le soutien permanent aux principales figures des malversations au CEREGMIA, les affaires récurrentes , toutes ces dérives, graves, illustrent le système Letchimy et rappellent la faillite éthique du « petit président ».

Ce n’est donc pas une étique charte « éthique » qui mettra fin à ce qui apparaît de plus en plus comme un processus de « mafiosisation » de la vie politique en Martinique.

Il convient d’apporter une réponse politique large et claire à ces dérives, dès le 6 décembre. Cette responsabilité appartient au peuple martiniquais.

Francis CAROLE

Le 25 septembre 2015

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