Le week-end dernier s’est déroulé un évènement inédit : la primaire socialiste où l’électorat était invité à choisir le candidat du Parti socialiste français à l’élection présidentielle française de 2012.
3 892 Martiniquaises et Martiniquais se sont exprimés, soit seulement 1,3% des 297 000 compatriotes inscrits sur les listes électorales. Ce n’est pas un triomphe… En France, on estime qu’avec une participation à 2,5 millions d’électeurs, soit 6 % du corps électoral, l’expérience est un succès.
Quel est l’intérêt pour les Martiniquais de participer à cette démarche ?
Dans un chœur parfait les médias ont salué en cette initiative une « démarche démocratique et innovante ». France-Antilles a même invité les Martiniquais à choisir leur « champion » à la présidentielle française (FA du 7/10/2011).
Il est vrai qu’il existe en Martinique comme en France un profond désir de changement politique face à la politique de régression sociale de Sarkozy, le président des riches. Il existe également une aspiration à participer, à décider et à s’emparer de la politique confisquée par des politiciens qui décident en dehors du peuple.
Mais les primaires répondent-elles vraiment à ce besoin ?
Le choix des primaires exprime l’achèvement d’un processus transformant le Parti socialiste en France de parti où la primauté était donnée aux militants en mécanique électorale présidentielle se coulant dans le système anti-démocratique de la Vème République que ce parti critiquait jusqu’alors.
La sélection d’un candidat(e) prend le pas sur l’élaboration d’un projet. La posture (cf François Hollande adoptant le style « force tranquille » de François Mitterrand) supplante la mesure. Et la séduction l’emporte sur la proposition (Martine Aubry contrainte de changer son look). Dans ce contexte, la dictature des sondages fait des ravages. Et l’électeur est poussé à aller vers celui qui est présenté comme le mieux placé pour battre Sarkozy. C’est ainsi que l’on voit le Parti Progressiste Martiniquais, non seulement appeler à participer à la primaire socialiste, mais en sus choisir François Hollande. Pourtant en 2007 il avait soutenu Ségolène Royal baptisée « Fanm Doubout’ » par Aimé Césaire soi-même. Le Parti qui se revendique de la « Lettre à Maurice Thorez », c’est-à-dire du refus de s’inféoder à un parti français, veut-il se placer d’emblée du côté de celui que la presse française donne gagnant ?
Car, à l’exception d’Arnaud Montebourg qui a sans doute recueilli nombre de voix de communistes français, rien d‘essentiel ne différencie réellement les candidats sur le fond des problèmes posés en France et dans les pays dits d’ « Outre-mer » aujourd’hui par la nouvelle phase de la crise capitaliste.
Pour ce qui est de la Martinique, on ne les a pas entendus opter pour la 3ème voie vers l’Autonomie pour la Nation martiniquaise défendue encore en 2010 par le Parti de Serge Letchimy. Où est l’engagement de constitutionnaliser l’Autonomie ? Il semblerait à lire leurs propos que le destin de la Martinique soit scellé définitivement par la Collectivité unique engoncée dans l’assimilation législative de l’article 73. Reconnaissons qu’ils s’engagent à accompagner loyalement son installation. Mais ils continuent à parler des Martiniquais comme une « population » et non un « peuple », comme la révision constitutionnelle de Chirac en 2003. Le vieil assimilationnisme de gauche colle toujours à la peau des socialistes et d’une partie de la gauche française.
Mais quand donc un quelconque des candidats à la primaire socialiste a-t-il pris l’engagement d’instaurer « le nouveau type de relation porteuse des valeurs d’identité, de responsabilité et de progrès que les Martiniquais veulent concevoir avec la France » dont parle avec lyrisme Raphaël Vaugirard de la FSM (France-Antilles du 5/10/2011) ?
La primaire, surtout, vise à accélérer la mise en place en France du bipartisme et à éliminer du champ politique tout projet contestant le système et la pensée unique néo-libérale. Or il y a une autre gauche que la gauche socialiste. Le bipartisme aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne voit se succéder des partis conservateurs et socio-démocrates qui font à peu de choses près la même politique d’austérité. Voilà le piège pour la gauche authentique.
L’enjeu de 2012 en France et en Martinique n’est pas seulement une alternative. « Sortir Sarkozy » pour résumer. Le débat ne saurait se limiter à choisir quel est le meilleur candidat pour battre Sarkozy. On a déjà payé en 2007 avec Ségolène Royal imposée de l’extérieur du PS par les sondages et la presse bien-pensante. La crise de la gauche en France n’est pas seulement une crise de leadership, mais une crise de projet. Toutes les enquêtes d’opinions en attestent que la majorité des Français estiment que la gauche ne ferait pas mieux que la droite. Et Sarkozy compte là-dessus.
Quant à nous Martiniquais(es), bien sûr nous sommes dans la République française et le choix de 2012 va influer sur l’avenir martiniquais, qu’on le veuille on non.
Il s’agit aujourd’hui de se battre en toutes circonstances, y compris les présidentielles, pour une véritable alternative afin de sortir le pays de la crise et répondre aux exigences sociales des masses populaires martiniquaises.
Il s’agit surtout en ayant une posture responsable et digne face aux partis français de poser la question de la profondeur et de la spécificité de la crise martiniquaise et donc de dégager une voie nouvelle vers la Responsabilité. Et cela doit reposer sur un contrat de progrès et de responsabilité avec les forces populaires de France respectant notre identité et notre aspiration à diriger nous-mêmes nos propres affaires..
Voilà où se trouve le véritable intérêt du peuple martiniquais. Car le champion des Martiniquais, c’est le peuple martiniquais lui-même. C’est en Martinique d’abord que nous pourrons répondre aux nombreux défis du temps.
La primaire socialiste ne clôt pas les débats.
Michel Branchi – Rédacteur en chef de Justice
Branchi ce n’est pas reconfortant de voir se manque de democratie car comme moi tu sais que l’avenir de notre pays est lie d’une maniere ou dune autre au gouvernement français que nous sommes Je ‘accorde que le PC est absent de la scene mais je pense qu’en d’autre temps il aurait appeler avoter en masse pour au moins dire que nous existons et que nous avons droit a la parole si ce n’est par le bulletin de vote le droit de cieter