Le PArti pour la LIbération de la MArtinique

« BOOSTONS L’EMPLOI » ET LES DÉRIVES DE LA GOUVERNANCE NÉO-PPM

« BOOSTONS L’EMPLOI » ET LES DÉRIVES DE LA GOUVERNANCE NÉO-PPM

1 juin 2016

Le dispositif pompeusement dénommé « Boostons l’emploi » mis en place par l’ancienne gouvernance de l’ex-région illustre à lui seul les dérives dans lesquelles la Martinique avait été entraînée.

En effet, à moins de trois mois des élections territoriales des 6 et 13 décembre 2015, la majorité néo-PPM prenait une délibération (No 15-1490-1) qui consistait à inviter des employeurs à embaucher des personnes en contrats aidés en contrepartie d’une prime régionale, complémentaire de l’aide au poste de droit commun versée par l’Etat.

Il était ainsi question, dans la période du 1er octobre au 31 décembre 2015, de prescrire 1200 contrats aidés pour une dépense prévisionnelle de 7 millions d’euros. 7 autres millions avaient été prévus pour 20016, portant le coût de cette opération à 14 millions d’euros sur deux ans (2015 et 2016).

Il se trouve, contre toute logique, qu’aucun crédit n’avait été inscrit au budget 2015 de l’ex-région pour honorer ne serait-ce qu’une partie de ces engagements !

Ce sont ainsi des centaines d’employeurs qui étaient en attente de paiement de la prime régionale.

Par ailleurs, cette manœuvre électoraliste bafouait toutes les règles de bonnes pratiques en matière de gestion et d’insertion. Elle foulait aux pieds le principe élémentaire d’accompagnement et de formation des jeunes sous contrats aidés.

Ainsi, aucune disposition n’avait été prise pour assurer le respect par l’employeur de ses obligations en termes d’accompagnement social, d’accompagnement professionnel et de montée en qualification des salariés grâce à la formation. Il n’y avait aucune base de données conçue pour permettre la production d’indicateurs de suivi et d’évaluation du dispositif. Le même vide existait pour assurer le traitement des demandes de paiement ou encore l’émission et le traitement des mandats.

On peut, aujourd’hui, légitimement s’interroger sur la mansuétude de l’Etat à l’égard de ce dispositif toxique dont les nombreux manquements à la réglementation ne pouvaient pas ne pas attirer l’attention. A-t-on délibérément laissé faire pour soutenir un ami du gouvernement Hollande ?

On doit aussi s’interroger sur l’enveloppe financière prévue pour cette opération qui était de 14 millions d’euros pour 1200 contrats alors que nos calculs, pour 1316 contrats, aboutissent à 11 millions d’euros, 5,5 millions pour 2015 et l’autre moitié pour 2016. Pourquoi ces 3 millions de différence ? À quoi auraient-ils servi ?

La plénière de la CTM du jeudi 19 mai, tenant compte du désarroi des employeurs concernés et soucieuse avant tout de l’intérêt de la Martinique, a révisé profondément ce dispositif.

La délibération prise apporte plus de transparence et de rationalité et permet désormais de payer les centaines d’employeurs en attente depuis octobre 2015. Elle s’inscrit surtout dans une volonté d’accompagner les jeunes dans un véritable parcours d’insertion.

Francis CAROLE

Le 1er juin 2016

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