Le PArti pour la LIbération de la MArtinique

LITERATI EPI LOUISON CAZAL

LITERATI EPI LOUISON CAZAL

11 juil 2016

louisonLe palima : Bonjour Louison CAZAL, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

J’ai passé mon enfance au Prêcheur dans une grande fratrie.  Mes parents sont d’origine modeste. Je pense que c’est l’endroit qui m’a procuré les plus grandes joies de l’enfance, dans le vivre ensemble comme beaucoup de Martiniquais. Déjà très jeune je fus un  grand lecteur de bandes dessinées  que nous échangions entre copains. C’est de là que me vient la passion de la lecture. Je suis un abonné assidu à la bibliothèque Schœlcher depuis plus de trente années, je lis en moyenne cinq livres  par mois. Mes derniers livres sont une relecture des romans de Toni Morrison. Scénaristes et réalisateur, j’ai participé  seulement  à l’écriture  pour la réalisation cinématographique. Peintre amateur à mes heures perdues je détiens près d’une trentaine de tableaux. Ah, j’allais oublier pour vivre, boire manger, dormir j’ai eu à mon actif plusieurs professions, le dernier fut  à France Télécom, devenu récemment Orange.

 Le palima : Est-ce  votre premier livre ?

Mon premier livre est paru en 1979 aux éditions Saint-Germain des près  du cherche midi, puis en 1988 le clan des mutilés aux éditions Carrère, en 2004 Une journée Miklon  aux éditions Ibis rouge.

Le palima : Qu’est ce qui vous intéresse dans l’écriture ?

On peut vivre des grandes émotions et du bonheur en  lisant un livre, en regardant un  film ou un tableau, en dégustant un bon plat. C’est  dans les émotions aussi que l’acte d’écrire  recherche du plaisir  pour propager une idée de soi. Elle prend ou ne prend pas, c’est une autre affaire. C’est un pouvoir sur l’imagination. En cela l’écrivain est un menteur, il forge, il façonne, il ajuste, il découd pour recoudre des bouts de vérité puisqu’on a recourt au langage, passe des heures sur des feuillets comme un trot de cheval sur un pavé, donne du sens, de l’odeur, du toucher, une couleur, même à travers une ou deux épaisseurs de sommeil.

Le palima : Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire  « L’archipel des nomades » ?

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les sociétés antillaises qui étaient surtout jusqu’au  milieu du XIX ème siècle, des terres d’immigration massive, deviennent sous l’action conjuguée de l’explosion démographique et la crise profonde de l’économie de plantation, un foyer intense d’immigration. À cette époque, les excédents de notre population se portent  de façon quasi automatique  vers la France coloniale. Posée à l’origine comme une solution au déséquilibre démographique des sociétés de départ (Martinique Guadeloupe). Aujourd’hui, la Martinique est vidée de sa jeunesse  et  elle ressent déjà une perte du renouvellement de sa vitalité à cause de sa migration massive de ces années antérieures. Et personne ne prévoit la mise en place du redressement de la natalité afin de prévenir l’avènement d’une société confrontée à de graves problèmes économiques et sociales.

Le palima : Pouvez-vous nous en dire 2 mots ?

C’est l’histoire de deux sœurs.  L’une, Théodora  vit  en Martinique dans le chômage endémique. Elle est mère de  plusieurs enfants et attend  un bébé. Rosemaine déjà installée en France hexagonale vit mal son insertion. Les deux sœurs font un contrat sur un fœtus.  Dès l’accouchement de Théodora, Rosemaine retournera en Martinique chercher le nourrisson qui l’aidera à bénéficier d’un logement et à l’autre d’être soulagé de son enfant.

Les thèmes présents dans le roman sont : Chômage au soleil,  galère dans le froid. Nous ne sommes pas très éloignés du contexte du passé.

Le palima : Quel accueil a-t-il reçu du public ?

L’échange avec les lecteurs  fut très intéressant.  C’est un  public fascinant et  passionné par l’histoire du livre. Ce jeune enfant  qui ne se retrouve pas dans un contexte de vie qu’on lui a imposé. Les débats ont été très enrichissants, très avenants, venant de tout horizon et de tout public.  Le thème du roman, a plutôt intéressé des jeunes antillais de  13 à 18 ans, très nombreux au salon du livre à Paris. Ils étaient par groupe de quatre, ils enquêtaient sur le métier du livre dans le cadre de leurs études.  Leurs parents ne leur ont jamais raconté  cette  période migratoire des Antillais vers la métropole. Ils se sont beaucoup attardés à mon stand pour mieux s’approprier de cette partie de leur histoire.  Curieusement le lendemain du deuxième jour, ils étaient revenus avec un parent. Les anciens éprouvaient  par contre  de la  honte ou de  la réticence à  communiquer  sur cette période-là.  Seul un septuagénaire se remémorait un jour de sortie de son  foyer, le dimanche, ou des  « encadrants métropolitains » leur apprenaient à traverser les passages cloutés.

Le palima : Comment se déroule  la promotion ? Nous vous avons entendu à l’émission « à l’abordage », vous étiez à  Paris au Salon de l’éditeur …..

La promotion, c’est le travail de l’éditeur qui fournit son dossier de presse. Il est composé de «   mots de lecteurs » qui  sont  seulement en quelques lignes les impressions recueillies auprès des premiers lecteurs pris au hasard concernant le titre.  Ensuite des extraits « croustillants  » qui sont des morceaux choisis par les soins de l’éditeur  à l’intérieur du roman. Ces passages courts doivent pouvoir susciter un vif intérêt pour l’œuvre intégrale.  Si la nouvelle collection  met en exergue la  littérature,  l’auteur  doit aussi faire sa part de travail, aller à la rencontre des lecteurs, présenter son ouvrage aux radios,  télévisions et presse écrite, aller où l’Éditeur a déposé son dossier de presse, dans l’hexagone et aux Antilles..

 Mais c’est  au salon du livre de Paris  à la porte de Versailles du 17 au 20 mars que j’ai eu mon premier contact avec  le livre et le public.  L’éditeur était présent depuis la veille de l’inauguration. Ce sont des moments assez émouvants. C’est la rencontre avec les professionnels du livre : éditeurs,  auteurs, traducteurs, les libraires  sont aussi présents, quelques scénaristes avec qui j’ai longuement échangé et eu des propositions de travail pour quelques années. Mais ma plus grande satisfaction fut les entrevues avec les nombreuses associations antillaises qui cherchaient à  renouveler  leurs fonds et à organiser des rencontres littéraires avec les auteurs. À ce salon du livre 2016,  il y a eu pas moins de 10000 entrées et près de 1000 éditeurs présents.

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