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Fort-de-France, 13ème ville de France et la ville d’outre-mer la plus endettée

Fort-de-France, 13ème ville de France et la ville d’outre-mer  la plus endettée

26 oct 2016

 

Politique

Fort-de-France, 13ème   ville de France et la ville d’outre-mer  la plus endettée, selon le JDN : On va dans le mur !

Décidément la situation financière catastrophique de Fort-de-France revient à la « Une » chaque année avec la publication du classement par le JDN (journal du Net) des villes les plus endettées de France.

Selon le JDN du 20/10/2016, Fort-de-France se classe 13ème des villes de France de plus de 20 000 habitants les plus endettées en 2015  au lieu de 14ème en 2014.

Cette publication est basée sur les chiffres officiels centralisés par la direction générale des Finances publiques du ministère de l’Economie et des Finances à partir des comptes administratifs (budgets exécutés) des collectivités.

Un endettement record

L’endettement de Fort-de-France passe de 221,7 millions d’euros en 2014 à 225,1 millions d’euros en 2015 (ndlr : notons que le chiffre donné lors du vote du compte administratif  le 28/06/2016  était de 222,6 millions d’euros). C’est la seule ville d’outre-mer figurant au top 20 des villes les plus endettées de France.

Par habitant la dette est passée de 2 599 € à 2 639 € sur ces deux années. Elle était de 1 753 € en l’année 2000.  Pour les villes de 50 000 à100 000 habitants la dette par habitant est en moyenne de 1 444 € en 2015. Celle de Fort-de-France est donc de 83 % plus élevée. Par conséquent, cette dette continue bon an mal an à progresser en raison d’une épargne brute ou autofinancement (différence entre recettes réelles et dépenses réelles de fonctionnement)  notoirement insuffisante, voire négative certaines années. C’est comme si un ménage avait des recettes courantes inférieures à ses dépenses d’alimentation, d’entretien  et des dépenses courantes d’électricité et d’eau.  Cette dérive financière  ne date pas d’hier. En 2000,  lors de l’arrivée de Serge Letchimy à la tête de l’édilité de la Ville, la dette était de 164,9  millions d’euros. Elle était toujours de 165,3 millions d’euros en 2005. L’augmentation en 2015 est  de plus de 60 millions d’euros, soit + 36 %.

Nous l’avions dit lors de l’adoption du budget primitif 2016 le 31 mars dernier : La descente aux enfers continue !

Un poids du remboursement écrasant dans le budget

Quant à l’annuité de remboursement de la dette (intérêts + capital)  elle s’élève à 25,7 millions d’euros en 2015, soit 55 % du montant des impôts locaux qui atteignent cette année-là  47 millions d’euros. C’est 15 % d’un budget global qui se monte à 192 millions d’euros en 2015.  En 2000 les impôts locaux se montaient à 29,5 millions d’euros et en 2010 à 41,9 millions d’euros et en 2015 la ville prélève 47 millions d’euros.

 Plus de la moitié des impôts locaux servent aujourd’hui  à payer la dette de la Ville !  C’est comme si les traites d’un ménage étaient plus de la moitié de ses salaires sans les  allocations. Fort-de-France alimente les profits rapaces des banques, sans compter le remboursement des prêts toxiques.

Une fiscalité pesante et dissuasive

Et pourtant la recette fiscale a augmenté d’année en année d’environ  3,90 % l’an  en moyenne depuis 2000 et cela 4 à 7 fois plus vite que le nombre d’assujettis.  Certes les taux d’imposition n’ont pas augmenté depuis 2008,  mais les valeurs locatives et bases d’imposition augmentent régulièrement :

-            De + 62,2 % de 2000 à 2015 pour la taxe d’habitation ;

-            De  + 59,6 % pour la taxe foncière ;

Les taux sont déjà quasiment au top :

-        Taxe d’habitation à 33,72 % avec la Cacem (Commune = 23,95 % + Cacem = 9,77 %) contre 28,5 % pour les communes comparables en France (part intercommunale incluse), soit un supplément  de + 5,21 points ;

-        Taxe foncière à 30,71 % avec la Cacem ( commune =29,21 % + cacem = 1,50 % ) contre 25,5 % pour les communes comparables de France  (part intercommunale incluse), soit un supplément de + 5,21 points.

Certes le nombre de contribuables est peu élevé du fait de la faiblesse des revenus : environ 39 000 assujettis à la taxe d’habitation et environ 28 000 assujettis à la taxe foncière en 2013. Ceux qui paient l’impôt à Fort-de-France sont pressurés. La pression fiscale par foyer augmente. Et cela explique pour une part la désertification de la capitale depuis la fin des années 1990.

Baisse drastique des travaux et des dépenses sociales

La récente baisse des dotations budgétaires de l’Etat depuis 2014 (-2,9 millions d’euros en 2015)  votées par les parlementaires néo-PPM au Parlement français vient bien sûr aggraver cette situation déjà difficile.

Résultat de cette bérézina financière : baisse des investissements (- 1,1 million d’euros en 2015) et baisses de dépenses sociales et autres aides aux associations (- 1,230 million d’euros en 2015). Et cela depuis deux ans à Fort-de-France. C’est la  régression sociale et l’austérité.

On va dans le mur.

Un cercle vicieux mortifère qu’il faut briser

Ce qui est condamnable ce n’est pas l’endettement qui est nécessaire à l’investissement mais l’endettement exagéré.

En réalité la ville a depuis longtemps trop de dépenses de fonctionnement et ne dégage pas un autofinancement suffisant pour investir. Pour faire face aux investissements elle est contrainte d’emprunter et donc de maintenir une fiscalité élevée pour avoir une capacité de rembourser. Ce qui fait fuir les habitants et donc diminue ses ressources. Nous sommes dans un cercle vicieux mortifère. Aujourd’hui avec la politique d’austérité du gouvernement FDF est étranglée et pour faire apparaître un autofinancement positif nécessaire à l’obtention de nouveaux emprunts elle doit à la fois comprimer ses dépenses courantes au risque de ne pouvoir disposer des moyens de fonctionner, baisser les dépenses sociales au détriment des plus faibles et limiter les investissements au minimum, ce qui a une incidence sur l’activité économique de la Ville et son attractivité. Et elle doit en même temps continuer à emprunter pour faire face aux chantiers en cours.

Décidément il faut briser ce cercle vicieux dangereux. Il faut faire des choix en privilégiant les dépenses sociales, le maintien et la  qualité du service public et les investissements de proximité.

Le changement devra sonner aussi à Fort-de-France.

 

 Michel Branchi

Union Pour le Changement à Fort-de-France

 (le 23/10/2016)   

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