Le PArti pour la LIbération de la MArtinique

Frantz FANON : BRIEVES CONSIDERATIONS POUR UNE PENSEE DE L’ACTUEL

Frantz FANON :    BRIEVES CONSIDERATIONS POUR UNE PENSEE DE L’ACTUEL

8 déc 2016

10494860-17226653Préambule

Frantz FANON, le constat interpelle, est une figure aujourd’hui en marge de l’espace intellectuel et médiatique Martiniquais. A.CESAIRE, E.GLISSANT et les écrivains de la créolité occupent l’essentiel des  lieux de réflexion, de débat  et de fabrication de l’opinion. Le premier cité le doit à la fois à ses qualités intrinsèques de poète et d’écrivain et aussi à « des raisons de parti » : le bricolage du mythe « CESAIRE nègre fondamental » pouvait être pensait t-on productif électoralement. Le deuxième nommé, E.GLISSANT, a bénéficié d’une adhésion enthousiaste, notamment de certains intellectuels français bien en vue, à ses concepts il est vrai novateurs « d’identité rhizome » et du « tout-monde ».

Il doit aussi sa notoriété outre son œuvre conséquente  à une sorte de lobbying avec pour base logistique le « Prix carbet » et « l’Institut du tout monde » animé par sa femme. Les  écrivains de la créolité, quant à eux, ont su tirer profit d’une réception plutôt positive en Martinique et à Paris de leur manifeste « Eloge de la créolité » et du débat polémique que celui-ci a suscité. L’obtention du Goncourt par l’un des leurs (P.CHAMOISEAU) et de leur productivité littéraire ont fait le reste.

Est-ce à dire que F.FANON n’a plus d’actualité ?

L’actualité de FANON

Le succès du récent colloque intitulé « L’esclavage quel impact sur la psychologie des populations » est entre autres attestations, une des indications que l’œuvre de F.FANON garde encore aujourd’hui une actualité. L’approche apaisée et informée qu’on voulu les organisateurs, qui plus est approuvée par les très nombreux participants, s’inscrit de fait, entre autres analyses de l’auteur, dans la continuité de deux points de vues formulés par celui-ci :

1/ Le premier concerne la finalité de son combat. Il y affirme son refus du « négrisme » et de la « victimisation » :

« Ma vie de doit pas être consacrée à faire le bilan des valeurs nègres. Il n’y a pas de monde blanc, il n’y a pas d’éthique blanche, pas davantage d’intelligence blanche. Il y a de part et d’autre du monde des hommes qui se cherchent. Je ne suis pas prisonnier de l’Histoire. Je ne dois pas y chercher le sens de ma destinée. Je dois me rappeler à tout instant que le véritable saut consiste à introduire l’invention dans l’existence. Dans le monde où je m’achemine, je me crée interminablement.
Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIème siècle ? Vais-je essayer par tous les moyens de faire naître la Culpabilité dans toutes les âmes ? La douleur morale devant la densité du Passé ? Je suis nègre et des tonnes de chaînes, des orages de coups, des fleuves de crachats ruissellent sur les épaules. Mais je n’ai pas le droit de me laisser ancrer. Je n’ai pas le droit d’admettre la moindre parcelle d’être dans mon existence. Je n’ai pas le droit de me laisser engluer par les déterminations du passé. Je ne suis pas esclave de l’Esclavage qui déshumanisa mes pères. » (Peau noire, masques blancs)

2/ Le second point de vue prolonge d’une certaine manière le premier, s’agissant de la question incontournable de la responsabilité personnelle et collective des générations présentes comme de celles qui les ont précédées et qui vont les suivre.

« chaque génération doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». (Les damnés de la terre)

« Opacité » parce que le monde, le nôtre, change et que le discours a toujours un temps de retard sur la réalité puisque immanquablement nous continuons à la penser avec les concepts d’un monde ancien, celui des anciennes générations. Pour « découvrir sa mission » Il faut donc que les nouvelles générations repensent les idées avec lesquelles le monde de leur prédécesseur s’est construit, les réactualisent et en produisent, le cas échéant, de nouvelles. Rien n’est donc donné d’avance.

F.FANON, eu égard à ce qui précède, apparaît être aux antipode du doctrinaire, du « Maître à penser » et cela découle de sa philosophie de la responsabilité et de la liberté humaine.

En guise de conclusion

La fin de la départementalisation marque l’achèvement d’un cycle politique et toute la question est désormais celle de comment tourner la page, autrement dit, celle d’abord d’un modèle de souveraineté qui concilie au mieux identité politique et identité culturelle, ensuite celle d’une stratégie partagée de réduction des dépendances, et aussi celle d’une revitalisation démocratique, enfin celle d’une mobilisation la plus large des énergies, des moyens logistiques et financiers pour amorcer un développement durable avec comme objectif de faire reculer les inégalités.

ML DELOR

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