Le PArti pour la LIbération de la MArtinique

Le Palima Hebdo n°27 – LA COLLECTIVITE UNIQUE DE MARTINIQUE EST-ELLE VICTIME D’UN COMPLOT CONTRE LA DEMOCRATIE ?

 

Qu’est-ce qui se trame dans le dos du peuple Martiniquais ?

En janvier 2010, chacun s’en souvient encore, il y a eu deux consultations du peuple martiniquais. La première s’est déroulée le 10 Janvier ; la seconde, qui s’est tenue le 24 Janvier, a consacré le vote massif des électrices et des électeurs en faveur d’une collectivité unique réunissant les compétences du Département et de la Région.

Ces consultations ont été précédées de débats très intenses et le peuple souverain a dit son mot.

Or depuis cette date, rien !

La collectivité unique, quasi-unanimement voulue par les Martiniquais, est devenue, du fait des intrigues  d’élus  locaux soucieux de leurs seuls intérêts, l’otage de manœuvres politiciennes qui violent le suffrage universel et méprisent le choix démocratique de la population.

En effet, prévue dans un premier temps en 2012 par le gouvernement Sarkozy, l’élection pour la mise en place de la collectivité unique a été curieusement renvoyée à 2014 par ce même gouvernement, suite au lobbying exercé notamment par le néo-ppm.

La loi formalisant cette nouvelle date a donc été votée par le parlement français en juin 2011.

Jusqu’à aujourd’hui, il est clair que c’est cette date qui engage le peuple Martiniquais.

Or, depuis quelques semaines, toujours sans raison apparente, une nouvelle échéance fait son entrée sur scène : « Ce sera 2015 » répètent à l’envie les sénateurs Serge Larcher et Maurice Antiste ainsi que les deux présidents de collectivité, Josette Manin et Serge Letchimy, une vraie bande des quatre…

De qui se moque-t-on ?

Au nom de qui ces élus peuvent-ils parler, en  méprisant le choix démocratique des Martiniquais ? Parlent-ils en leur nom propre, au nom de leur parti ou peut-être se seraient-ils transformés en petits commissionnaires officieux de l’Etat français ?

Il y a assurément quelque chose de malsain dans cette situation et c’est peu dire.

Un jour, Victorin Lurel, en tant que Ministre des Dom, déclare en Martinique que la date de 2014 est maintenue et simultanément, nous voyons défiler tous ces « adorateurs du droit commun »  cités plus haut, qui nous  assènent un report en « 2015 » qu’ils présentent comme « inéluctable » !!!

Vu la proximité politique existant entre le gouvernement actuel et ces quatre élus, le partage des rôles semble être une évidence, surtout quand on sait que Victorin Lurel ne s’en cache pas à Paris….

A-t-on jamais vu cela dans le monde ?

Un peuple ayant voté il y a quatre ans en faveur d’une réforme institutionnelle et qui ne sait toujours pas avec certitude quand celle-ci sera appliquée ?

A-t-on jamais vu une élection repoussée à deux reprises, sauf dans des circonstances exceptionnelles qui n’existent pas aujourd’hui ?

L’Etat français qui se gargarise sur tous les continents d’être le champion des droits de l’homme, a-t-il décidé de fouler aux pieds le vote démocratique du peuple martiniquais, exprimant ainsi son mépris le plus absolu des choix opérés par celui-ci ?

Au moment où François Hollande prétend rompre avec la FrançAfrique, est-il disposé à remettre en question toutes les vieilles pratiques coloniales qui caractérisent nos rapports avec la France ?

Pourquoi le peuple Martiniquais attendrait-il davantage ?

Il est vrai qu’à son dernier congrès, le néo- PPM qui mène en Martinique cette danse macabre contre la démocratie a promis son énigmatique 3ème voie pour le prochain millénaire… après avoir pris soin de saboter dans un premier temps, en 2010 , le début d’autonomie réclamé par le congrès des élus.

Peut-être aussi faudrait-il qu’ « Ensemble pour une Martinique Nouvelle »  tente de se refaire une santé après sa déroute aux législatives ?

A moins que dans un dessein encore plus machiavélique, « on » ne veuille dénaturer cette réforme et la tuer en fin de compte ?

Les quelques arguties murmurées par ces intrigants ne tiennent évidemment pas la route.

Il y a eu d’abord le prétexte fallacieux du « temps ».

Les deux ans entre 2010 et 2012 étaient « insuffisants »pour « la nouvelle gouvernance ». Il lui fallait encore deux ans, quatre donc au total pour une réforme qui est loin de constituer une révolution copernicienne…

En fait, les intrigants avaient besoin de temps pour gagner du temps et dénaturer le projet voté par le peuple pour négocier on ne sait quoi à la place.

Aujourd’hui, ils prétendent un trop plein d’élections en 2014.

Mais , les « spécialistes des affaires martiniquaises » semblent –par assimilation intellectuelle- avoir oublié que le calendrier électoral en France n’est pas identique à celui de la Martinique, en 2014 : En plus des municipales et des européennes, il n’y a de prévue en Martinique que l’élection de l’Assemblée unique (pas d’élections cantonales, pas d’élections sénatoriales…) .

De plus, rappelons qu’en 2010, la Martinique a voté 3  fois (les deux consultations des 10 et 24 Janvier et les régionales qui ont suivi en mars) .

Une autre argutie voudrait que l’on colle obligatoirement la mise en place d’une collectivité spécifique décidée dans un cadre spécifique (consultation des seuls peuple Martiniquais et Guyanais) avec les élections régionales de France, prônant ainsi le retour à un assimilationisme aussi bête et méchant que rétrograde.

Il nous paraît donc important, même succinctement, de rappeler l’historique de cette réforme institutionnelle qui ne peut plus attendre.

Dès 1982, à l’occasion de la décentralisation décidée par le gouvernement de François Mitterrand instituant véritablement les régions élues au suffrage universel, la question de la collectivité unique se posa : La Martinique devenait, du fait de cette réforme, une région monodépartementale, « un monstre juridique » décrié par beaucoup.

Henri Emmanuelli, alors secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer, fit voter une loi afin de mettre en place une collectivité unique dont l’assemblée serait élue à la proportionnelle.

Le conseil constitutionnel jugea cette loi inconstitutionnelle et l’abrogea.

Il  fallut attendre près de vingt ans pour que de nouvelles initiatives martiniquaises permettent la consultation du peuple Martiniquais à propos de changements institutionnels et/ou statutaires éventuels.

En 2003, à l’initiative d’Alfred Marie-Jeanne et de Claude Lise, soit vingt années après le rejet de la loi Emmanuelli, le peuple Martiniquais était consulté sur un projet de collectivité unique, projet qui fut rejeté de peu.

En 2010, principalement sous l’impulsion  du PALIMA, du MODEMAS, du MIM, du    CNCP et du RDM,  le processus qui aboutira en fin de compte à l’approbation de la création de  la collectivité unique de Martinique par près de 70% des votants est relancé.

Il nous paraît donc légitime que le peuple Martiniquais sache enfin la position claire et définitive de l’Etat français sur cette question où il y eut déjà tant d’atermoiements de sa part.

Cette collectivité unique, petit pas modeste dans la conquête de nos droits, représente encore pour beaucoup de Martiniquais un nouveau départ pour le pays, une plus grande lisibilité des politiques publiques, une plus grande capacité à peser sur le règlement d’ensemble de certaines questions, un collectif plus ramassé d’élus…

On est en droit de se demander si l’Etat français respectera  enfin ses engagements sans nouveau délai, ou s’il choisira, sous les conseils mal avisés d’un quarteron de           « Raspoutine(s) locaux », d’ouvrir la boite de pandore en ajoutant une crise politique a la crise économique, sociale, environnementale (avec de graves conséquences sanitaires), qui gangrène déjà  notre pays.

 

Clément CHARPENTIER-TITY

Francis CAROLE


Jeudi 1er Novembre 2012

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4 commentaires

  1. Marino /

    LE PEUPLE MARTINIQUAIS, JOUET SOMBRE AU CARNAVAL DU PPM ET DE EPMN, C’EST UN COMBLE :
    « Il est vrai qu’à son dernier congrès, le néo-PPM qui mène en Martinique cette danse macabre contre la démocratie a promis son énigmatique 3ème voie pour le prochain millénaire… après avoir pris soin de saboter dans un premier temps, en 2010 , le début d’autonomie réclamé par le congrès des élus. »

  2. tavernier /

    Ecoutez dans un premier temps arretons de leur faire de la pub vous savez bien que le peuple pour etre court est sado! Apres il faut evaluer les avantage perdu part a port au temps et plus il est long plus l’ecard fera des victimes faire part au peuple de ce qu’ils aurons a gagner et a perdre, exemple beaucoup d’entreprise ferment et sa va contunué l’europe tombe les signe son la ou c’est voulu ou c’ewt le derapage y ratrapable, sortons des media conventionel fesont de la com intelligente et de l’affichage comme au temps de lojam ten que vous montrerer pas au peuple les choix qui se présent a lui de part aussi la mise en seine et les raisons il vous boudera en disant que vous les avez laisser faire, connaitre la realité des chose pour ne pas ce laisser avoir c’est dans l’espris du peuple, motivé l’influence rebondire sur toute information quelque soit tv magazine hebdo quotidien publicitaire commercial et aussi sur tous judiciaire afichons cé affichons notre volonté manifeste

  3. Léandre /

    Quoiqu’il en soit, je sais que je ne voterai plus ni aux régionales , ni aux cantonales. Tout ça, c’est du gadget devenu obsolète. Je ne veux plus en entendre parler.

  4. moresby /

    les avis sont partagés, pour ma part je ne pense pas que le vote a été fait dans une compréhention effective de la population.Même les élus locaux ne maitrisait pas très bien la connaisance des articles, certains avaient l’air d’hésiter pour répondre aux questions posés!!!
    Enfin pour ma part je suis pour plus d’autonomie mais il faut surtout concientiser la population sans relache, nous avons vécu dans une sorte de cocon avec le 73 qui nous a formater et cantoné dans une simple assistance matérielle, alimentaire et Morale.Il faut que cela cesse pour notre propre dévelopement.

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